Musclecars
Je sais ce que vous allez dire, il y a de l’abus, depuis trois semaines plus de chroniques, ce gros fainéant nous laisse orphelins avec notre intarrissable soif de nouvelles fraîches sur le tournage de Miami Vice.
En fait, j’étais tout simplement en panne avec le convecteur temporel de ma DeLorean. J’avais pourtant bien demandé au Doc de programmer la date de diffusion de l’épisode Heart Of Darkness, vendredi 28/09/1984 pour mon voyage hebdomadaire dans le temps mais je me suis retrouvé propulsé en 1955 où il m’est arrivé une histoire incroyable. Je vous en parlerais peut-être plus tard car elle est compliquée, en tout cas je l’ai racontée à mon cousin qui en a causé à son pote Bob Zemeckis, le réalisateur d’ "A la poursuite du diamant vert", il a trouvé ça formidable ! Enfin, après que le Doc Emmett Brown a réparé ma DeLorean DMC12, me voilà revenu dans notre bonne vieille année 1984 pour vous donner des news.
Donc le 28 septembre Heart Of Darkness, pourtant doté d’un scénario béton a eu moins d’audience que l’épisode pilote comme l’avait prédit les producteurs, avec moins de battage médiatique certes mais surtout du fait de sa programmation le vendredi (jour des sorties des films au cinéma), en deuxième partie de soirée et face à des poids lourds de l’audience tels que Falcon Crest.
Hier a démarré le tournage de l’épisode The Great McCarthy où un Fast Boat supermusclé est mis à l’honneur, le Chris Craft Stinger, mais restons sur la DeLorean, moins musclée mais tout aussi séduisante. Comme vous le savez déjà, les épisodes n’étant pas tournés dans l’ordre de leur diffusion, du 20/09 au 01/10 c’est " Glades " qui a été bouclé sans encombres. Il a fallu encore louer un hélicoptère pour filmer non pas le Stinger cette fois-ci mais la Daytona qui file sur une ligne droite interminable en direction des Everglades avec nos deux héros à bord. A leur arrivée dans un village de Red necks (culs terreux), on leur reproche leur goût pour les bolides européens, alors même qu’en arrière plan ne figure que 2 types de voitures, des Maserati Biturbo et des DeLorean DMC12 justement. Nul doute que John Nicolella et Michael Mann ont obtenus le prêt gratuit de ces véhicules car la Biturbo vient juste de sortir en europe et Maserati compte dessus pour relancer la marque au trident. Publicité aussi pour John C.DeLorean qui vient de créer sa propre marque avec ce véhicule avant-gardiste en acier inoxydable dont le seul défaut est sa sous motorisation. Un 6 cylindres au lieu d’un V8 pour un "musclecar" aux USA, c’est blasphème ! En fait si John C.DeLorean a dû mettre un 6 cyl. Français dans son bolide c’est parce que les "big three" américaines (General Motors, Ford et Chrysler) n’ont pas voulu lui vendre leurs V8. Il leur a fait peur un peu comme Preston Tucker dans les années 40 mais pas pour les mêmes raisons. Le véhicule de Preston Tucker était vraiment en avance sur son temps mais plus que les solutions technologiques de la DMC12, c’est la science du marketing de John C.DeLorean qui inquiète les " big three ". En effet, c’est lui qui est à l’origine de la vague des "musclecars" aux USA dans les sixties. Les jeunes à l’époque, n’ayant pas les moyens de s’offrir Corvettes et autres Thunderbirds, se rabattaient sur le Hot Roding. John C.DeLorean, alors directeur chez Pontiac avait donc eu l’idée lumineuse de mettre un moteur performant dans une voiture milieu de gamme, la Pontiac Tempest. Baptisée LeMans, on pouvait la commander avec l’option GTO et le fameux "big bloc" (gros moteur) 6,6 Litres pour 360Ch. Ses performances pour un prix abordable en firent un produit phare des concessions Pontiac en 1964 et comme prévu les jeunes se ruèrent dessus. La guerre était déclarée, Ford répliqua avec la mise en place immédiate d’un V8 dans sa toute nouvelle Mustang en lieu et place du V6 initial. A partir de 1965 et jusqu’en 1972 c’est une course folle à l’armement qui passe par des modèles comme Buick GSX; Mercury Cougar; AMC Javelin et AMX; Pontiac F 400, Firebird et Gto; Dodge Dart, Charger et Challenger; Plymouth Duster, Barracuda et GTX; Chevrolet Chevelle, Nova et Camaro; Ford Mustang, Torino et bien d’autres. Certaines séries spéciales font encore la pige à la plupart des Ferrari, Lamborghini et Porsches actuelles. Si des noms mythiques tels que Hemi’cuda 440 six-pack, GTO Judge, Boss 302 ou 351C Ram-air, Shelby GT500kr, Roadrunner Superbird, Daytona, SS 396 ou SYC Yenko ne vous disent rien, alors restez en à vos voitures de " Mickey d’plages " ou sinon préparez vous à subir un choc frontal en vous heurtant à l’essence même de l’expression voiture d’homme.
Eh oui, c’est pas de la bagnole de trembleur, là c’est du brutal, du velu, de quoi vous faire suer le burnou et mouiller les couches. Je vous annonce la couleur, si vous êtes gaulés comme l’estomac de mes joyeuses, que vos bras sont épais comme des brancards de pousse-pousse et vos guiboles ressemblent à des tiges de huit vous allez frôler le nervous breakdown ! Rien que le bruit du moulin au démarrage va vous décoller les étiquettes et après un petit tour de piste vous ressortirez de l’habitacle avec la bloblotte et la gigitte, les fesses qui font bravo, les mains moites, les pieds poites et les bonbons collés au papier, bref un souvenir impérissable comme la dringue qui vous prendra cinq minutes après le tour de manège.
Oh, excusez-moi, je m’emballe encore une fois en m’éloignant de notre sujet. Mais pas tant que ça car vous le savez peut-être déjà, la Daytona de nos deux héros est en fait une Corvette déguisée en Ferrari. La ligne de l’italienne alliée aux muscles du V8, c’est pas mal surtout si on lui colle un V8-427ci (7Litres).
Sinon, ce soir soyez devant le petit écran à dix heures, NBC passe Cool Runnin.
PS :Gigitte = poils du cul qui s’agittent.
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